Festival des granges
théâtre de la Ruelle 
La Vie de Galilée

TEXTE : Bertolt Brecht

TRADUCTION : Eloi Recoing

MISE EN SCÈNE : Lesley Gautier

COSTUMES : 

JEU : Léo Barras, Emie Barbezat, Cédric Bobst, Axelle Giard, Justine Grosclaude, Théo Krebs, Luc Lüstenberger, Nathalie Meuwly, Sophie Meuwly, Samuel Nyitrai, Morgane Perrin, Chiara Riminucci

 

 

Savant passionné, Galilée jouit de l’observation des choses par tous ses sens. Il veut partager ce savoir avec le peuple, ainsi il écrit ces ouvrages en italien plutôt qu’en latin. Avec ses observations à la lunette, il prouve l’héliocentrisme, chamboulant ainsi les visions du monde de sa société, reléguant l’homme sur une planète roulant comme un rocher dans un espace infini sans sens. S’appuyant uniquement sur ses observations et sa raison, Galilée remet en cause la conception du monde établie, les dogmes de l’église et les repères existentielles de tout un peuple.

Toutefois, face aux instruments de torture dont l’Inquisition le menace, Galilée se rétracte. Il refuse d’être martyr de la science, comme Giordano Bruno avant lui. Il se retire et continue de jouir du confort terrestre, en mangeant de la viande auprès de sa pieuse fille. Bien qu’il soit sous surveillance de l’Eglise, il poursuit comme un vice ses recherches sur la chute des corps et la mécanique donnant docilement page par page ses écrit à ses gardiens. Non sans remords, et éteignant le peu de vue qu’il a encore il en a fait en cachette une copie, les Discorsi. 

Son élève et disciple, Andrea, vient lui rendre visite juste avant sa mort et découvre les Discorsi que Galilée lui fait prendre sous le manteau pour les faire éditer à l’étranger. Le disciple croit comprendre que tout était calculé, que Galilée s’est dédit pour mieux se consacrer à son travail. Mais Galilée est un homme, et non un héros comme le voudrait Andrea, dont l’admiration pour son maître est aussi aveugle que la foi de ses opposants. Le vieux scientifique reconnaît sa faiblesse et sa peur et dans un dernier monologue avoue : « Si j'avais résisté, les physiciens auraient pu développer quelque chose comme le serment d'Hippocrate des médecins, la promesse d'utiliser leur science uniquement pour le bien de l'humanité ! Au point où en sont les choses, le mieux que l'on puisse espérer est une lignée de nains inventifs qui loueront leurs services à n'importe quelle cause. »

Et Brecht d’ajouter : « Galilée a enrichi l'astronomie et la physique en privant en même temps ces sciences d’une grande partie de leur signification sociale. »

 

Loin de revendiquer une fidélité intégrale au passé, Brecht façonne le personnage de Galilée comme un formidable scientifique avide de recherche, précurseur d’une nouvelle pensée, mais aussi comme un être humain ordinaire, adepte des compromissions et des petits arrangements pécuniaires et moraux.

La pièce nous amène à réfléchir sur le sens des rapports de la science avec le peuple et le pouvoir temporel.

 

 

« Penser est l'un des plus grands divertissements de l'espèce humaine » assurait Galilée

LA CULTURE C'EST DE SAVOIR QUE LES AUTRES EXISTENT      Albert Jacquard

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