Mots d'élèves

Je me suis senti dès le début bien intégré.

Jonathan

 

Ca m’aide à combattre ma timidité.

Julie

 

Le théâtre permet de s’affirmer sans se soucier de l’habituel regard des autres.

Nicolas

 

J’ai commencé le théâtre sur la motivation de ma mère, car elle trouvait que c’était mieux d’aller faire le pitre ailleurs qu’en classe.

En plus d’une activité artistique, on partage nos sentiments sur la vie et le monde qui nous entoure

Et c’est un bon statut social.

Lucas

 

Ce que je préfère ce sont les spectacles, parce que j’adore avoir le trac juste avant de me lancer…

…un autre monde dans la vie, un monde où l’on peut se moquer, rire et dire ce que l’on veut.

Naomi

 

Alors, alors... on ne sait pas vraiment par où commencer... Je dirais que cette expérience m'a apporté beaucoup du point de vue théâtral car elle m'a permis de faire des choses que je me sentais incapable de faire; j'ai appris à dépasser mes limites et à me surpasser. Ça m'a appris énormément de choses sur moi...autant d'émotions, autant de magie, autant de larmes et de rires...on en ressort que plus fort. Au niveau humain, on a découvert à quel point un groupe peut être soudé par une expérience comme celle-là; on a appris à se connaître et à se supporter inconditionnellement. On a aussi appris à être responsable d'un projet et à ne pouvoir compter que sur notre groupe pour tout faire. C'est une des plus belles choses que j'ai accomplie dans ma vie et je crois qu'on peut en être très fiers.

Maëlle

 

Jouer Incendies c'est une expérience unique, incomparable, et magique. Unique parce que je crois que jamais plus je ne jouerais une pièce qui me touchera autant. Incomparable parce que je n’ai jamais lu un texte aussi émouvant, aussi prenant, aussi fort. Magique parce que je n'en suis pas ressortie indemne, cette pièce m'a changée, définitivement, elle m'a marquée... Incendies nous a rapprochés, une vraie famille, et c’est les pommettes mouillées de larmes que l'ont s'est quittés après la dernière représentation... (Moi en tout cas...) Le lendemain j'ai eu du mal à admettre que c'était fini, qu'on allait peut-être plus jamais entendre les jeux de mots d'Hermile, ou les mots doux et rassurants chuchotés à Nawal par Wahab... Alors voilà...je n’ai qu'un seul souhait ces temps-ci...:Qu’on nous redonne l’occasion de jouer Incendies !! Je veux encore "déclamer" la théorie des graphes une dernière fois, moi qui détestais tellement les maths...je veux encore entendre les chansons de Nihad, l'alphabet récité par Sawda et la "bordée de gros mots" de Simon! »Selon Léon ; « Je me suis rendu compte que ma mémoire est étonnante. En plus j’ai eu l’occasion de jouer plusieurs personnages, je me suis découvert des facettes insoupçonnées de mon être. Je suis très fier du résultat, nous avons eu du succès, voir de la gloire ! Même si les heures tardives des répètes n’étaient pas toujours faciles à assumer, ça a porté ses fruits !

Camille

 

 

Une petite quarantaine de spectateurs les premiers soirs. Puis, grâce au bouche à oreilles, une centaine les soirs suivants. Standing-ovation tous les soirs, et plusieurs articles dans les journaux locaux (annexés). Beaucoup d’admirations pour cette troupe de jeunes amateurs qui tiennent plus de deux heures trente de spectacle à eux tous seuls. Beaucoup de reconnaissances, de rire et de larmes. Des spectateurs troublés par une histoire forte parfaitement transmise par ces jeunes adultes.

 

Que dire… une pièce de théâtre fut créée dans les règles de l’art (…)

 

Nous nous étions engagés à porter ce projet jusqu’au bout, et nous l’avons fait. Nous étions conscients de la responsabilité que cela implique et nous étions prêts à l’endosser, nous l’avons endossée avec succès. Nous avons eu l’occasion de participer activement à la vie culturelle vaudoise. S’impliquer concrètement dans la société qui nous entoure est un point qui nous a particulièrement touchés. (…) Nous avons fait un travail monstre, et le lien entre l’administratif et le créatif était très serré. On n’y penserait pas mais, faire du théâtre c’est être capable de téléphoner à des professionnels pour demander des chiffres, faire des budgets et Dieu sait que les maths ce n’était pas notre fort. Une bonne dose de sang froid, de la sueur, de la motivation, l’écoute, le soutien mutuel, mélanger le tout et vous obtenez une équipe capable de porter un projet forçant le respect. »

Melinda

 

« J’ai l'impression d'avoir énormément progressé, que se soit théâtralement ou intérieurement. Et cela certainement pour tout le groupe, qui en est sortit plus fort et....dis-on les choses comme elles sont......plus soudé ^^. »

Thierry

 

 

Le moment venu, le cœur serré.

Rien que l’idée qui me retourne toute entière, «c’est la dernière fois».

Le moment de rendre à Musset ses mots qu’il nous avait prêté...

Le moment le dernier, de lui lancer quelques regards, sourires et larmes.

Je suis dans ma chambre, à ma fenêtre.

Un monde bien serré. Perdue dans ce petit espace.

Je pense à vous, à nous, à ce qu’on a créé, ce qu’on a bâti. Nos pas qui se pressent craquant sur le bois de la scène, ce moment derrière les rideaux flottants.

 

Un baron qui se dresse, les épaules bien droites, le souffle lourd. La tête qui se tourne et retourne nerveusement laissant s’envoler des mèches cordées.

Un Blazius qui rougit parce que ses pas ne savent même plus se suivre, la main bien haute et qui tangue. Le visage renfrogné.

Bridaine se recroqueville, le rire sarcastique, les mains aussi tordues que son sourire. Prononçant quelques grognements il se traîne en faisant des ronds.

Alfred qui sautille déjà, la bouche réjouie, le sourire ébahi, les pieds engourdis.

 

Et puis Camille, les yeux remplis d’amour, le visage qui laisse deviner que toute sa vie se joue ce soir. Perdican dans son coin, solitaire en cet instant mais qui nous laisse paraître un regard aussi doux que son sourire quand il emballera l’amour de ses mains.

Rosette toute fraîche dans sa robe et qui flotte dans une mélodie de joli bonheur. Les joues qui rosissent déjà et le sourire brûlant.

Enfin une silhouette noire qui s’avance, celle qu’ on attend tous, celle qui donne le premier mot à la pièce « nous allons commencer, merde! Ces seuls mots qu’elle murmure c’est presque tout. Je l’imagne, Hélène, grimaçant lorsque l’on joue, la peau qui frissonne puis j’entends son rïre et je sens l’émotion qui tambourine dans son cœur. Parce qu’Hélène en fait tu vis exactement comme nous dans ce monde-là lors d’un spectacle.

Tu y es, tu y restes ; même si tes pas ne s’entendent pas sur la scène en ce moment les nôtres ne sauraient pas marcher si en eux il n’y avait pas de toi.

Tu es dans chacune des mimiques de nos personnages, tu es dans tous nos souffles et dans chacune des vies qui se trémoussent sur scène.

 

Et alors le nez en l’air, les mains crispées et la bouche pincée je me prépare à entrer. A entrer dans notre monde, celui qui se joue entre ces quatre murs et ces yeux écarquillés qui nous regardent. Celui où la vie commence par un mot, par un rire et se termine par une larme qui ne séchera sûrement jamais.

Ce soir je suis rentrée fatiguée mais remplie comme rarement. Je n’ai plus de force sauf celle de vous coucher, mes derniers mots de la nuit, sur ce papier. Les étoiles ne brillent pas dans le ciel ce soir... Je me suis laissé dire que nous les avions toutes volées, toutes avalées pour les libérer, le susurrer, les cracher et les hurler à ces gens qui sont venus dans l’envie de vivre un instant qu’ils n’avaient jamais vécu et qu’ils allaient vivre de notre jeu.

 

Et puis nous avons du les emmener avec nous ces étoiles aussi pour ce moment de vie que l’on partage ensemble.

Pour ce morceau de vie bien éphémère qui naît lorsque la lumière ne s’allume plus que sur nous et qui s’éteint lorsqu’ enfin le public réveillera la réalité de ses mains.

Ce n’est pas encore fini.

II reste encore cette dernière fois, cette dernière fois qui tous nous attachera de plus belle au pilier de cette pièce.

J’entends déjà dans ma tête les mots qui tambourinent, répétant sans cesse cette phrase qu’on s’est déjà dite sans jamais pouvoir encore réellement la ressentir: « c’est la dernière fois qu’on fait vivre ces mots ».

Ils sortiront cette fois de notre bouche sans revenir... Ils iront s’envoler je ne sais pas où et je l’espère passeront caresser la tombe de Musset.

 

Chaque mot, chaque parole, chaque sentiment s’enfuira pour ne revivre qu’en souvenirs dans nos esprits.

Ils s’en iront faire quelques pas de danse en dessus de nos regards et puis continueront leur longue chanson plus loin…

Peut-être plus tard je relirai ce livre et ces mots bondiront de vie dans mon cœur, chatouillant mes yeux ; une larme coulera, prête de les noyer.

Déjà mes joues se perlent.

Ce soir, comme l’a si bien dit Hélène : «Il y a peut-être quelqu’un dans cette salle qui vient pour la dernière fois au théâtre de sa vie, ou pour la première. Vous allez jouer pour lui.»

Ce soir c’est nous qui venons dans cette pièce pour la dernière fois…C’est nous qui sommes pour la dernière fois dans ce monde s’allumant entre nos mains et nos cœurs, entre nous tous de geste et paroles, de rires et d’amour, de vies et de souffles.

Nous nous glissons pour la dernière fois dans ces corps dans lesquels on se faufile doucement pour les faire bouger de toute l’énergie du monde.

(Et qui sait peut-être qu’une fois on aura l’impression, le temps d’une situation, d’être le rôle qu’on a tenu, qu’on a aimé, qu’on a vécu...)

 

C’est la dernière fois qu’on va dessiner cette pièce à ceux qui nous regardent le temps d’un spectacle, d’une courte vie, mais qui reste une vie...

Mais ce n’est jamais la dernière fois que je vous aime et vous remercie...

Et ce n’est jamais la dernière fois que je ris de nous et que dans mes yeux s’allument des étoiles quand je pense à cette histoire qu’on a fait vivre ensemble!

 

Dame Pluche, vendredi 19 mai

 

 

 

 

 

LA CULTURE C'EST DE SAVOIR QUE LES AUTRES EXISTENT      Albert Jacquard

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