Festival des granges
grange chez Rossy 
Le Cercle de Craie Caucasien

TEXTE : Bertolt Brecht (avec la collaboration de Margarete Steffin)

TRADUCTION : Georges Proser

EDITEUR : L’Arche Éditeur

MISE EN SCÈNE : Lesley Gautier

COSTUME : en cours

JEU : Anne-Julie Bourgeois, Alexandre Cottier, Antoine Fritz, Ilena Geretto, Julie Gindro, Sarah Isler, Nathan Luini, Aurélien Menoud, Amélie Perrin, Sarena Weber

Deux parties se disputent une terre dont les uns sont propriétaires initiaux et les autres ceux qui l'ont cultivée entre temps. A la fin d’une séance de conciliation, une fable chinoise sous forme de théâtre leur est montrée, pour attiser leur réflexion : 

Dans une Géorgie en guerre ouverte contre la Perse, un gouverneur est décapité. Sa femme, dans sa fuite, préoccupée par sa garde-robe, oublie son bébé, Michel. Dans le chaos des pillages, Groucha, domestique au service du gouverneur, emporte l’enfant menacé. Un long périple démarre alors pour  Groucha, : elle va s’exiler avec l’enfant, traverser les montagnes, se réfugier dans sa famille, se marier à un paysan agonisant, et renoncer à l’amour du soldat Simon Chachava qui voulait l’épouser. Deux années passent, le vent du pouvoir tourne à nouveau, la femme de l’ex-gouverneur veut récupérer le petit Michel.

Dans le royaume corrompu, un juge canaille, Azdak, met s’en dessus dessous la notion de justice. Ex écrivain publique, « imbibé comme une éponge » revenu de tout, Azdak accepte volontiers les pots de vin et rend une justice plus qu’arbitraire, mais toujours en faveur des plus pauvres. C’est à lui que reviendra de décider qui des deux femmes est la mère du petit garçon. Afin de rendre son jugement, il organise le rituel du Cercle de craie. Un cercle est tracé au sol, l’enfant placé en son centre, les deux mères de chaque côté doivent tirer. Celle qui l’emportera sera la « vraie » mère. Les femmes tirent –Groucha lâche en premier. Le juge Azdak conclut que l’enfant est à Groucha, et déclare que son héritage revient à la ville qui construira un jardin pour les enfants.

A travers le combat d’une mère, Brecht interroge le lien le plus intime, celui du sang, et au-delà celui de la propriété et de la légitimité. Entre celle qui a porté un enfant et celle qui l’a élevé, quelle est la véritable mère ? Entre celui qui possède et celui qui fait fructifier, qui est légitime sur une terre. Brecht interroge droit du sang et droit du sol en plaçant l’humain au centre de sa réflexion.

LA CULTURE C'EST DE SAVOIR QUE LES AUTRES EXISTENT      Albert Jacquard

© 2015 Les  Ateliers de Théâtre du Comsi